Actrice et dramaturge française, Charlotte Laemmel s’est formée aux conservatoires du Ier et XIe arrondissement de Paris et à l’ESAD. Elle débute ensuite une riche carrière théâtrale où elle fait notamment la connaissance du metteur en scène Jean-Christophe Meurisse avec qui elle travaille fréquemment, notamment pour la compagnie Les Chiens de Navarre. Toujours au théâtre, elle collabore à l’écriture de la Trilogie Cadouin, créée par la compagnie Teknaï et qu’elle interprète au côté de Gaëtan Peau.

Parallèlement, elle entame une carrière cinéma faite de seconds rôles vers 2016 avec notamment le drame La fille de Brest (Emmanuelle Bercot, 2016). Toutefois, elle retrouve son collaborateur Jean-Christophe Meurisse, tour à tour sur Oranges sanguines (2021) et sur Les pistolets en plastique (2024) où cette fois, elle joue l’un des rôles féminins principaux.

Toujours dans un registre décalé, on a pu voir la comédienne dans deux films de Quentin Dupieux, à savoir Fumer fait tousser (2022) et Yannick (2023).

Virgile Dumez (Cinedeweller)

Filmographie de Charlotte Laemmel

Actrice, longs métrages

VACANCES EN ITALIE.

Maria Inès et Enrique vivent sur les rives du rio Papaloapan, fleuve paisible qui apporte la vie à la charmante ville de San Juan Bautista Tuxtepec. Ils exploitent une brasserie de bière dont les canettes en aluminium et les bouteilles de verre inondent l’État mexicain d’Oaxaca. Maria Inès a investi dans cette entreprise la totalité du capital hérité de ses parents. Enrique, lui,  a apporté son magnifique réseau commercial forgé dans le secret des confréries locales. Ils mènent une vie de notables discrets que vient parfois troubler la notoriété grandissante de leur fils Miguel, champion local de polo. Paloma leur fille cadette est quant à elle encore bien trop jeune pour venir perturber la tranquillité de ses parents. Les Rodriguez aiment la discrétion. Ils habitent une modeste maison en bordure du Parque Central dans le style colonial qui a fait les belles heures de l’architecture du pays. Pas de garage dans cette maison ancienne. Le pick-up Ford F 150 trône dans la cour à côté de la petite Suzuki que Maria Inès utilise pour faire les courses et se rendre à la messe chaque dimanche à l’église de Santo Domingo de Oaxaca dont son frère est curé.

Chaque année, du quatorze juillet au quinze août, Maria Inès et Enrique partent en voyage pour faire découvrir l’Europe à leurs enfants. Ils leur faut plus de deux heures pour aller jusqu’à Veracruz dans leur vieille Ford comme on en croise sur toutes les routes du continent américain. Ils font ensuite un long vol de près de vingt heures, ponctué de deux escales, pour arriver à Florence où les attend Diego au volant d’un Mercedes Classe V noir aux vitres teintées. Il les conduit jusqu’à la Villa Iaga, leur propriété toscane, plantée de cyprès centenaires et de pins parasols qui se dressent dans le ciel comme de petits nuages verts. Le premier repas « italien » suit un rituel bien rodé ; les antipasti sont servis avec des tartines de pain grillé. Le primo est un plat d’orecchiette, recouvertes de pesto, préparées par Antonia, à la main, selon une recette de sa grand-mère, originaire des Pouilles. Antonia est la cuisinière, la femme de ménage, la gardienne des Rodriguez et accessoirement l’épouse de Diego. Pour le secondo, elle sert des escalopes de veau à la florentine accompagnées d’épinards récoltés à la fin de l’hiver dans le potager. Le vin qui provient de la cantina de Diego est un Chianti millésimé. Le dessert est simple ; une boule de sorbet citron, des fruits rouges de saison et quelques feuilles de menthe et de basilic. C’est ce menu, dominé par l’odeur singulière du parmesan, qui connecte chaque année notre famille mexicaine au vieux continent. Ensuite chacun va se coucher et Maria Inès et Enrique font l’amour dans leur vaste chambre « renaissance » au son d’un quatuor de Corelli ; Maria Inès aime le violon. Les enfants passent des heures sur leurs portables avec pour seule consigne parentale : ne jamais dire ou même suggérer qu’ils sont en Italie. La nuit est peuplée de chants de cigales et du doux murmure du vent dans les branches des magnolias et des mûriers qui entourent la maison.

La première journée de vacances en famille peut commencer.  Antonia a préparé une véritable colazione composé de café, thé blanc et jus d’oranges, pressées le matin même sur la petite table de marbre que Maria Inés avait dénichée chez un antiquaire de Certaldo. Les croissants à la crème et la pâte à tartiner aux noisettes sont « maison ». Puis Diego vient chercher ses patrons pour les conduire jusqu’au grand garage sous-terrain où les attendent leurs voitures. Il y arrivent par un petit escalier qui donne sur une porte blindée, bardée de sécurités électroniques. La lumière se fait dès qu’ils pénètrent dans le sanctuaire. La pièce est vaste, blanche du sol au plafond. Seule une frise en damier, évoquant la course automobile, court tout autour des murs, à cinquante centimètres du sol, habillant sobrement les lieux. Deux splendides bolides, côte à côte, font face à une immense porte, blanche elle aussi, encore fermée. Ils ont été bichonnées tout l’hiver par Diego et sont prêts pour un mois de routes et de pistes. Maria Inès se dirige vers la voiture bleue. C’est une Ferrari 812 Superfast aux lignes félines, douces et puissantes. Enrique prend place dans la Pagani Utopia V12 rouge qui semble déjà rugir dans le silence de cette cathédrale moderne. La porte s’ouvre et Enrique met le contact, patiente quelques secondes pour savourer le feulement rauque du V 12, puis sort lentement par la rampe d’accès. Il retrouve Miguel qui s’installe à ses côtés. Maria Inès actionne à son tour le démarreur de son auto en fermant les yeux, concentrée sur la musique quasi mystique qui s’échappe de sa Ferrari. Elle gravit la pente douce au ralenti, puis s’arrête au pied d’un cyprès où l’attend Paloma.

La première sortie va les conduire jusqu’à Sienne où ils sont attendus par Fernando, un ancien pilote de Formule 1 reconverti dans la viticulture. Les routes de Toscane sont merveilleuses, elles offrent un spectacle renouvelé à chaque virage, la lumière du matin dessine, par la magie du contre-jour, de doux reliefs. Le décor qu’il à travers les parebrises semble peint par Leonard de Vinci lui-même. Seul le chant des moteurs vient se mêler à celui des glaréoles à collier et aux perruches veuves qui envahissent les amandiers. Ils retrouvent Fernando sur la magnifique place de Colle di Val d’Elsa, devant le fameux musée du Cristal. Il est venu avec une McLaren 720 S aux couleurs mythiques bleu et orange de Gulf. Miguel se dévoue pour surveiller les voitures pendant la visite, d’autant plus que Carla, la fille de Fernando, semble très motivée pour lui tenir compagnie.

C’est peu avant treize heures qu’ils reprennent la route en suivant la McLaren dans laquelle Carla a rejoint son père.

On arrive dans la propriété de Fernando par une de ces typiques allées de fins graviers blancs qui dessinent le paysage toscan. Les bolides y entrent un par un, soulevant un panache de poussière que les échappements transforment en tourbillons. On pénètre sur le parvis pavé par un petit portique équipé de jets d’eau qui lavent immédiatement les précieuses carrosseries. Fernando aurait pu faire goudronner l’allée, ou la faire recouvrir de résine translucide, mais il adore observer dans ses rétroviseurs les volutes provoquées par son passage.

Le repas est un vrai délice composé autour des vins d’exception de Fernando. Les adolescents se font discrets puis tout à fait absents. Carla, qui vient d’avoir son permis de conduire, enlève ses jeunes hôtes mexicains pour un tour dans les vignes au volant du Land Rover familial. Toutes les occasions sont bonnes pour faire des selfies et autres réels, au bord du petit lac, devant le magnifique alignement de cyprès montant au caveau,  aux côtés de sa jument blanche venue tout exprès de Camargue en souvenir de sa mère française…

Fernando invite Enrique à goûter sa liqueur Alchermes dont la robe évoque irrésistiblement les sportives italiennes. Ils descendent dans les entrailles de la cantina.

Maria Inès suit Ingrid, la compagne de Fernando dans le spa qui occupe presque tout l’espace du patio ombragé de bougainvillées. Les bulles parfumées de jasmin font pétiller leurs corps bronzés, à l’abri des regards indiscrets.

Les hommes, sans doute encouragés par la fraîcheur de la cantina et la chaleur de la liqueur, commencent à parler affaires. Fernando pourrait profiter du réseau d’Enrique pour distribuer son vin au Mexique et peut-être aussi en Argentine. On discute commissions, participations, investissements…et, au troisième verre de liqueur, on tombe d’accord.

Dans l’ombre du patio, la séance de spa se prolonge.

Les enfants rentrent enfin, après que Miguel a monté la jument de Carla à cru. La lumière jaune orange de la fin de journée donne le signal du départ. On se sépare en se promettant de se retrouver très vite. La Pagani et la Ferrari reprennent la route de concert. Paloma s’endort rapidement laissant Maria Inès à ses rêveries. Miguel pense à Carla, laissant Enrique à ses calculs.

Le lendemain est consacré à une sortie sur le circuit du Mugello à une heure de route de la propriété des Rodriquez. Diego s’est chargé des réservations et des autorisations pour permettre à Miguel de prendre le volant d’une Porsche GT4 RS. Paloma est restée avec Antonia qui a promis de lui faire découvrir les secrets de sa cuisine. La séance de roulage permet à Enrique de profiter de la puissance incroyable du V12 et de sa tenue de route légendaire. Il enchaine les tours en améliorant à chaque fois ses chronos. Maria Inés est plus raisonnable, autant qu’on peut l’être au volant de sa Ferrari bleue et ses temps de passages sont très en retrait de ceux de son époux. Miguel, lui, sort deux fois de la piste dans des bacs de graviers qui lui évitent le pire. Il est fougueux et bien trop impatient pour domestiquer la GT allemande. Ce circuit vallonné est un défi pour un jeune pilote inexpérimenté. En fin d’après-midi, le propriétaire d’une Bugatti Chiron dorée a palabré de longues minutes avec Enrique sans que Maria Inès ou Miguel ai pu entendre quoi que ce soit dans le vacarme de la pitlane.  Le retour se fait à petit allure sous une pluie bienfaisante qui rend la chaleur supportable.

La nuit est agitée à causes d’orages violents qui font trembler les arbres et claquer les volets, laissés entrouverts dans l’espoir de rafraichir les chambres. Au petit matin Enrique annonce qu’il doit retrouver Fernando au sud de Florence pour une sortie entre amis. En fait ils doivent rencontrer le propriétaire de la Bugatti dorée,  producteur de vins blancs d’exception qui pourrait se joindre à Fernando pour conquérir l’Amérique grâce au puissant réseau d’Enrique.

Maria Inès en profite donc pour aller faire du shopping à Florence où Ingrid compte bien lui faire découvrir les boutiques de luxe proches du Duomo et particulièrement Ferragamo dont elle a été l’égérie pour deux ou trois campagnes publicitaires. Maria Inès pense qu’avec de telles jambes, il n’est pas surprenant qu’elle ait été choisie pour représenter le chausseur italien ; ses chevilles bien tournées et ses mollets qu’on dirait sculptés par Michel Ange sont si parfaits.

Carla retrouve Miguel à la Villa Iaga, au bord de la piscine ou Paloma apprend à nager sous l’œil bienveillant d’Antonia. Ils font quelques longueurs, se dorent au soleil en échangeant quelques banalités dont les jeunes adultes ont le secret, puis s’éclipsent à l’ombre des magnolias.

Quelques jours plus tard Diego et Antonia annoncent au Rodriguez qu’ils leur ont organisé une petite surprise. Leur fils Mateo s’apprête à les recevoir pour une visite privée du Jardin des Tarots. Il dirige la fondation qui gère le parc et les attend pour neuf heures trente. Il faut deux bonnes heures aux bolides italiens pour rejoindre Capalbio.  L’air frais du matin permet aux moteurs de la Ferrari et de la Pagani de s’exprimer à la perfection ; leur rugissement se fait ronronnement. Ces sculptures qu’on dirait venues du futur glissent sur la route baignée de lumière orangée. Ils y arrivent en milieu de matinée, franchissent un portail discret et se garent dans un petit parking sécurisé. Miguel est immédiatement entraîné par sa petite sœur qui court dans tous les sens, grimaçant devant un morceau de verre devenu miroir, mimant la peur devant un grand serpent sorti du ventre d’une Nana géante. Enrique, lui, ne lâche pas son smartphone et écoute Mateo d’une oreille distraite. En arrivant devant La Grande Papesse d’où s’écoule une sorte de cascade bleue jusqu’à un bassin circulaire animée par une roue de métal rouillé, Maria Inès est saisie par une étrange sensation. Aucun angle droit, aucune arrête, aucune surface plane ; tout est rondeur, couleur, et féminité. En dédiant le parc aux cartes du tarot, Niki de Saint Phalle invite les visiteurs aux mystères. Quand Maria Inès pénètre à l’intérieur de l’Empereur, elle manque de défaillir, son ventre se noue, le sol se dérobe sous ses pas. La colonne recouverte de têtes de morts, la Nana qui virevolte au milieu de crânes colorées sont comme des masques de carnaval qui la renvoient sans équivoque aux heures sombres de son enfance, au Dia de Muertos. Avant que Mateo ai eu le temps d’évoquer les voyages de Niki de Saint Phalles au Mexique, elle devine la force du tarot qui ne prédit rien de bon. Devant La Mort le doute n’est plus permis ; chevauchant un majestueux cheval bleu, la mort regarde Maria Inès en tourant vers elle son crâne dorée percée de deux grands yeux vides. Elle est projetée dans un tourbillon mêlant le tarot et le jour des morts, le destin et la fatalité. Elle court se réfugier dans sa Ferrari, cocon protecteur et magnanime. Pour combien de temps encore ? Le retour se fait en silence.

A table, Paloma est intarissable, elle décrit à Antonia tout ce qu’elle a vu ; les miroirs, les serpents, les têtes de mort, les nanas énormes qui ont peuplé ses rêves durant tout le trajet du retour jusqu’à la Villa Iaga. Maria Inès est tiraillée entre le plaisir de voir sa fille passionnée à ce point et l’angoisse qui lui vrille le ventre depuis qu’elle a eu la sensation que Niki avait tiré les cartes pour elle. Les hommes sont à mille lieues du Jardin. Ils ont déjà en tête la prochaine sortie en Pagani. L’Utopia V12 est tellement envoutante !

Au milieu de la nuit, le portable de Miguel vibre avec insistance. Son écran s’allume sur ce message menaçant : « Profite bien de tes dernières vacances en Italie.» Le numéro est masqué et rien ne lui permet d’identifier l’expéditeur si ce n’est que le texte est rédigé en espagnol et qu’avec le décalage horaire il pourrait bien être envoyé en plein jour et donc depuis le continent américain. Le reste de la nuit n’apporte aucune réponse. Il décide de ne rien dire à ses parents avant d’avoir plus d’informations. Il ne tarde pas à en avoir sous la forme de photos où on le voit avec Carla, sur la place de Colle di Val d’Elsa, puis sur la jument de Carla, puis au bord de la piscine et même sous les magnolias, leurs deux corps formant une masse sombre assez peu identifiable.

Au matin, la panique le gagne quand il voit son père livide à la table du petit déjeuner. A-t-il reçu les photos ? Un autre message anonyme ? Le même ?

Maria Inès arrive à son tour dans la cuisine, pas coiffé, pas maquillée et visiblement très émue. Elle se dit que ses ballerines Ferragamo, achetées la veille sur les conseils d’Ingrid, ont peut-être une pointure de trop. Elle tient son portable contre la poitrine cachant les photos qui la montrent en ville avec Ingrid, mais aussi dans le spa à l’ombre du patio…Le conseil de famille semble inévitable quand apparaît Paloma avec un plateau de pâtisseries encore chaudes, préparées le matin dans la cuisine d’Antonia. Elle est joyeuse et visiblement très fière. Ce répit accordé par l’innocence de Paloma ne parvient cependant pas à dissiper complètement leur angoisse.

Miguel craque le premier en disant qu’il ne comprend pas d’où viennent les photos reçus sur son portable et la menace qui les accompagne. Il jure qu’il n’a rien fait de mal et que jamais il n’aurait trahi la confiance de ses parents en révélant qu’ils étaient en Italie ; son portable prouve qu’il n’a rien envoyé, ni photos, ni sms, ni mail…rien ! Enrique prend les choses en main en demandant à Maria Inès ce qui la trouble à ce point. Elle répond qu’elle a aussi reçu des photos qui la montrent en Italie. Sans plus de détails…

C’en est trop pour Enrique qui voit s’envoler tout le bénéfice des opérations qu’il était en train de monter. Les milliers de bouteilles de vins destinées à l’Amérique devaient camoufler un trafic de drogue issue des laboratoires de l’homme à la Bugatti dorée. Il se met à hurler, renverse la grande table de châtaigner avec le café, le thé, les fruits et les pâtisseries de Paloma dont la joie matinale s’est transformée en effroi. Elle se réfugie sous la petite table de marbre, en larmes.

La colère le submerge. Il tente d’arracher le portable de sa femme qui appelle Diego au secours. Puis devant le silence, elle cherche Antonia. Ils ont disparu ! Elle se sent vulnérable, entre un mari furieux, un fils effondré sur sa chaise et une fille tétanisée, cachée sous la table. Elle se dit qu’elle fait un bon choix en achetant cette belle table, qu’elle a de magnifiques proportions et que les veines du marbres sont vraiment très élégantes. Enrique attrape la table, la soulève comme si elle était un vulgaire meuble suédois et la jette au sol où elle se brise en petits morceaux qui se mêlent au restes du petit déjeuner. Rien ne semble pouvoir calmer sa fureur quand son portable se met à vibrer, puis sonner. Il décroche pour répondre à son avocat : « C’est fini Enrique. La brigade financière vient de geler tous vos avoirs et lance une procédure pour saisir vos biens ici au Mexique, mais aussi en Italie. Ils ont des photos de vous en Italie, de la Villa Iaga, des voitures, de vos amis… Et de toutes façons Diego et Antonia ont tout avoué, contre l’impunité ; ils se sont réfugiés cette nuit dans les bureaux de la Guardia di Finanza* de Florence. Les inspecteurs m’ont dit qu’ils étaient sur le coup depuis plusieurs mois, mais qu’ils avaient besoin de preuves pour vous coincer. Les messages reçus cette nuit voulaient vous faire paniquer pour accélérer l’opération. »

Enrique hurle dans la salle du petit déjeuner : « Qui m’a désobéi ?  Qui a envoyé des photos ?  Qui ? » Une petite voix se fait entendre dans un coin de la pièce : « C’est Lucia, une copine de mon école de danse. Elle m’a demandé des photos de nos vacances. Elle n’a jamais quitté le Mexique. Je voulais lui faire plaisir. On est si bien ici. »

« Ma chérie, tu parles de Lucia Perez, celle dont le père est le directeur du Servicio de l’Administración Tributaria** de San Juan Bautista Tuxtepec. »

« Je ne sais pas, Maman, je ne sais pas ! »

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