Voici une histoire vraie arrivée un beau dimanche d’été indien comme seule la Côte d’Azur en offre.
J’en suis l’un des personnage et cette histoire (très) courte est durablement inscrite dans ma mémoire et celle de mon épouse.

  • LA RENCONTRE

    Nous sommes au début des années 80 dans le sud de la France. Quelle belle journée ! On aurait pu se croire au terme de l’été alors que le mois d’octobre tirait déjà sur sa fin. Nous étions en famille ; mon épouse, nos deux premiers enfants encore très jeunes et moi-même, sur la côte d’azur, plus précisément à Bormes les Mimosas.

    Partis le matin de la Ciotat, dans notre Fiat Panda noire flambant neuve, nous avions emprunté la route nationale pour rejoindre le Var puis la petite plage de Brégançon au pied du fameux fort. Totalement vide à cette période de l’année, elle est un formidable terrain de jeu pour les enfants. Après un pique-nique à l’ombre des pins, nous avions profité de l’une des nombreuses innovations de la Fiat Panda en installant la banquette arrière en position « hamac ». C’était idéal pour la sieste des petits.

    Ensuite, direction le centre de Bormes Les Mimosas par la fameuse Route du Soleil qui serpente sur la colline au milieu d’arbres et de plantes méditerranéennes incroyablement variées. Nous voulions y arriver assez tôt pour assister au coucher du soleil, toujours spectaculaire depuis les hauteurs. Notre petite voiture se jouait des virages et semblait taillée pour l’aventure. Nous avons facilement trouvé une place au parking municipal et fait une longue promenade dans le village, ponctuée de quelques arrêts pour prendre des photographies. C’est très agréable de se trouver presque seuls dans un village habituellement envahi par les touristes ; On a l’impression d’y être chez soi. Nous étions donc hors du temps en cette fin de dimanche transformée en journée de vacances. Mais, tout ayant une fin, nous avons tranquillement regagné notre voiture.

    Pour quitter le parking, il faut suivre un sens de circulation qui fait sortir les véhicules directement sur la route qui permet de rejoindre la route de Hyères. On entre d’un côté et on sort de l’autre. C’est simple et bien pensé.

    Arrivés à la barrière automatique dans notre petite voiture noire, nous nous sommes retrouvés face à face avec une voiture à contre-sens qui tentait de rentrer par la sortie. C’était une Fiat Panda, comme la nôtre, mais blanche. Elle était conduite par une femme âgée. A sa droite, se trouvait un homme du même âge, alors que nous avions une vingtaine d’années et que je conduisais, mon épouse étant à mes côtés. Leur voiture était immatriculée dans la Haute Garonne donc 31 et la nôtre dans les Bouches du Rhône et donc… 13. Nos enfants étaient installés à l’arrière…eux étaient seuls.

    En face de nous,  il y avait un total « négatif photographique » de nous-même. Nous étions sidérés par cette vision. Ils ont semblé aussi très surpris et ont reculé pour nous laisser sortir.

    Maintenant que nous avons les cheveux blancs et voyageons sans enfants, il nous arrive souvent de penser à cette étrange rencontre avec notre négatif ou peut-être notre image transportée par le temps.

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