Lu par Pauline ETIENNE
Pauline ETIENNE
Pauline Etienne, aussi appelée P.E. dans les endroits les plus craignos de la commune de Neuilly est originaire d’un petit pays : La Belgique.
Après avoir reçu le prix du sourire en grande section, elle décide à l’âge de 4 ans de commencer une carrière de doublure dentaire pour une grande marque de dentifrice. Malheureusement à l’âge de 7 ans, elle perd sa première dent, et son rêve s’effondre.
Après de longues années d’errances entre le cirque, la musique et les concours de cuisine, Pauline ne sait plus quoi faire de sa vie…
Et c’est au moment ou elle allait tout abandonner qu’une main gantée de blanc s’est tendue vers elle. Le cinématographe.
Elle fait ses premier pas dans le film « Eleve Libre » de Joachim Lafosse, mais la révélation vient avec l’entrée dans son répertoire téléphonique du 06 de Michel Piccoli, pour le film « Le Bel âge » de Laurent Perreau.
Elle ajoutera bientôt le 06 de Isabelle Huppert, Mia Hanssen-love, Guillaume Nicloux, Eric Rochant, Nobuhiro Suwa,…
Après 10 ans de carrière, et quelques prix d’interprétation en poche, (oui Pauline ne peut pas s’empêcher de mentionner ce genre de choses, elle est comédienne avant et après tout), elle fait enfin une rencontre qui elle le sait changera sa vie de comédienne à jamais…
Pour suivre Pauline sur Instagram : https://www.instagram.com/pauline_etienne/

Lire la nouvelle : Permis ou pas ?
Garance et Edouard vivent à Paris, à deux pas de la rue de Rivoli. Métro, bus, vélos partagés et surtout marche à pied, font d’eux de grands globetrotters… urbains. On fait de l’exercice. On partage. On prend le temps. Bref, on est adulte et responsable. Transporter un meuble ? C’est tellement fun en métro. Un pack d’Evian ? Les vélos ont une petite corbeille très pratique. On va au parc ? Autant y aller en courant. Nulle auto dans l’univers de ce jeune couple.
Pour Edouard, c’est simple. Une voiture ça coûte cher et on peut très bien s’en passer. Donc pas besoin de voiture, pas besoin de permis. Le budget est totalement converti en livres, concerts et théâtre. Et ça en fait des heures de lecture, de sorties et de découvertes artistiques.
Garance a un rapport à la voiture quelque peu différent de celui de son compagnon. Ses parents sont morts ensemble dans un accident alors qu’elle était enfant et depuis, malgré plusieurs tentatives, elle a toujours échoué à l’examen du permis de conduire. Freinages brutaux et trajectoires approximatives ont convaincu les examinateurs de lui proposer de prendre d’autres séries de leçons. Le dernier, honnête, avait même suggéré de renoncer !
Voilà donc notre jeune couple sans permis et partant…sans voiture. Le métier d’Edouard allait cependant contrarier leur rapport à l’automobile. Il est plasticien. Quand il commença à être exposé dans les galeries de la capitale, il jongla entre les taxis, les UberVan et même le métro. Vivre à Paris présente donc quelques avantages. Mais voilà, le succès grandissant d’Edouard le conduisit à exposer en province dans des villes dont le goût pour l’art n’est pas forcément lié à la desserte ferroviaire.
Il gagnait maintenant assez bien sa vie pour envisager l’achat d’une voiture. Il essaya donc de convaincre Garance de tenter à nouveau de passer son permis pour pouvoir l’accompagner. Pourrait-elle affronter ses peurs ? Avait-elle vraiment envie de se priver des petits moments de célibat que lui offriraient les déplacements d’Edouard ? Quoi qu’il en soit, elle se rangea assez vite à l’avis du dernier examinateur. Elle renonça. Définitivement.
Edouard était désemparé. Jusque-là, sa vie avait été une longue suite de succès fondés sur une éducation solide et de fortes convictions ; comme celle de ne pas aimer les voitures. Jamais il n’avait été confronté à l’échec. Sa vie était réglée comme du papier à musique. Mais pour la première fois, on lui résistait ! Garance lui résistait. Certes, il pouvait comprendre, mais ça l’agaçait. Comment faire ? Renoncer à une carrière prometteuse pour des détails matériels était impensable. Il s’inscrivit donc à des leçons de code sur Internet. L’accès aux cours 24 h/24 et 7 j/7 lui semblait plus facile à accepter. La logique des questions était totalement étrangère à ses raisonnements d’artiste, mais tant bien que mal, il arriva à obtenir le précieux sésame. Il fallait maintenant passer l’épreuve de la conduite. Il se dit qu’à Paris cela allait être très long et incertain. Il opta pour un stage de quinze jours en province. Sa motivation et le soleil ajoutés à une ambiance studieuse lui permirent d’obtenir le permis.
Rentré à Paris, il trouva facilement un SUV d’occasion assez spacieux pour transporter ses œuvres. Tout à sa joie d’avoir résolu son problème, il fit faire un tour du quartier à Garance.
C’est une fois chez eux, bien installé dans le canapé qu’elle lui dit : « Cette voiture est parfaite. Tu l’as très bien choisie. Il y a même assez de place pour transporter une poussette.»



